La Nigérienne Rabiatou Dan Nana nous fait découvrir Danny's Service traiteur "Le Street Food"

La Nigérienne Rabiatou Dan Nana nous fait découvrir Danny's Service traiteur "Le Street Food"

Rabiatou Dan Nana est une jeune nigérienne qui œuvre dans le domaine entrepreneurial au Niger. Dans cet entretien Rabiatou a souhaité partager avec les internautes sa passion et ses ambitions en matière d'entrepreneuriat à travers Danny’s Grill. Suivez notre entretien 

-Bonjour Mme Rabia, merci de nous avoir accordé votre temps pour cet entretien. Pour commencer veuillez-vous présenter à nos abonnés.

Mon nom est Rabiatou Dan Nana, madame Ibrahim Sadissou. J'ai 35 ans, je suis maman et je suis la promotrice de Danny's service traiteur.

-Présenter nous Danny’s service traiteur en quelques phrases 

Danny's service traiteur est spécialisé dans le domaine de la restauration, nous intervenons pour des pauses café, pauses déjeuner, Dîners, Barbecues. Plus récemment nous nous sommes lancés dans la street food (grillades de poulet en particulier). Nous essayons d'apporter une touche différente de ce que l'on voit tous les jours. 

Nous proposons du poulet grillé soit à l'ail, au citron, au piment ou encore le Toukougna en papillote.

- d’où est venu la passion de créer Danny’s Grill service traiteur ?

J’ai toujours aimée faire la cuisine, alors lorsque j'ai voulu être indépendante et entreprendre, c'est tout naturellement que je me suis lancée dans ce domaine.

- Vous êtes promotrice de Danny’s Service Traiteur, pouvez-vous nous dire ce qui vous a motivé à vous investir dans l'entrepreneuriat ?

Ce qui m'a motivé à entreprendre c'était vraiment le besoin d'être mon propre patron, pouvoir satisfaire le besoin d'être autonome et indépendante. Je prenais de l'âge et j'avais envie de réaliser quelque chose qui me rend heureuse. Après plus de 12 ans à travailler pour les autres, j’ai réalisé qu'il était temps pour moi aussi de rendre un peu de ce qu'on m'a donné.

- Le principal enjeu quand on parle des questions des femmes, c’est l’autonomisation. Que pensez-vous de l’autonomisation de la femme, particulièrement dans le contexte nigérien ?

L'autonomisation de la femme prend de plus en plus de l’ampleur de nos jours. Je suis très fière de voir autour de moi que la femme Nigérienne est debout maintenant.

-Quels sont, à votre avis, les grands défis à surmonter pour une femme entrepreneur au Niger ?

Pour moi le plus grand défi à surmonter par la femme entrepreneure au Niger c'est de ne pas prendre en compte le jugement de la société ou d’une tierce personne. De pouvoir entreprendre dans tous les domaines, car certains sont jugés comme réservés à la gente masculine. Tout ce qu'un homme peut faire dans le domaine de l'entrepreneuriat, la femme peut mieux le faire. Nous devons briser ces barrières qui freinent les femmes et par la même occasion l'économie du pays. 

- Quelles sont les difficultés auxquelles Vous faites face aux quotidiens dans votre vie de femme entrepreneure ? Et comment vous les surmontés ?

Les problèmes ne manquent pas dans la vie d'une femme entrepreneur. Mais à mon modeste niveau je suis confrontée à deux principaux problèmes.

Le premier c'est le regard des autres, le jugement et les idées mal reçues. Je suis une des rares femmes Nigériennes à faire de la street food la nuit. Bcp pensent que ce n'est pas un travail valorisant pour une femme, on subi parfois le manque de respect de certains clients ou fournisseurs. D'autres pensent que c'est une activité sans avenir ou encore que la place de la femme n’est pas le street food, concrètement dans la rue. Nous essayons tous les jours à travers des discussions et notre comportement de changer les mentalités. 

Le second gros problème c'est la main d'œuvre. J'embauche souvent des jeunes désœuvrés qui n'ont pas eu la chance d'aller loin à l'école. Mais on remarque un manque d'intérêt au travail bien fait, l'ignorance de l'importance de l'hygiène et du travail en équipe. C'est très difficile. La plupart ne viennent que pour empocher leurs argents à la fin de la soirée. J'essaie de leurs apprendre ce que je peux mais c'est décevant de ne même pas pouvoir s'absenter quelques temps pour se consacrer à autre chose, il faut constamment tout surveiller. Vivement que nos jeunes comprennent qu'on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.

- Mme Rabia, des projets futurs ? Danny’s Grill s’arrête uniquement au Street Food ?

Mon rêve c'est de révolutionner le street food à Niamey, et de voir naître à travers toute la ville des innovations de Danny's. Je travaille lentement mais sûrement afin de faire de ce rêve une réalité.

-Quel est votre dernier mot à l’endroit des femmes Nigériennes avec le désir d’entreprendre ?


Je dirais aux femmes de ne pas hésiter, de se lancer. Cela ne sera pas du tout facile, mais il faut bien commencer un jour, et le plus tôt sera le mieux. Aussi il ne faut pas forcément attendre un gros financement, les entreprises les plus durables sont celles qui ont commencé petit.